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Morceaux choisis de la 13ème Université d’Eté de l’Innovation Rurale de Marciac (2007)
Regards européens : la PAC vue depuis la Hongrie et les Pays-Bas (article original)
Table ronde animée par Valérie Péan, Mission Agrobiosciences, avec Jan Mulder, Néerlandais, député européen, Vice-Président de la Commission des budgets ; et Csaba Sandor Tabajdi, hongrois, député européen, membre de la Commission de l’agriculture et du développement rural
Copyright P. Assalit

Jan Mulder et Csaba Sandor Tabajdi, tous deux députés européens, étaient invités, dans le cadre de la 13è Université d’Eté de l’Innovation Rurale, "Agriculture et territoires ruraux : quelle politique agricole européenne voulons-nous ?", organisée par la Mission Agrobiosciences et la Communauté de Commune Bastides et Vallons du Gers, en août 2007, à livrer leur regard sur la Politique agricole et européenne (PAC). Une vision à la fois européenne et propre à chacun de leur pays respectif.

 

" Une quarantaine d’années séparent les Pays-Bas et la
Hongrie en termes d’adhésion à la PAC. Alors que les
Pays-Bas font partie des six pays signataires du Traité
de Rome et ont donc intégré la Politique agricole européenne dès son origine, en 1962, la Hongrie fait partie
des dix nouveaux États membres qui ont adhéré à
l’Union européenne en mai 2004. Reste que Budapest
a déposé sa candidature, lançant le processus dès le
début des années 1990.
Au-delà de cet écart temporel, il va de soi que les agricultures
de ces deux pays ont peu de choses en commun.
En termes d’activités de production, la Hollande
est tournée vers l’horticulture ainsi que l’élevage laitier
intensif, tandis que la Hongrie connaît une vocation
céréalière en plaine, à laquelle s’ajoutent fruits, légumes,
viticulture, élevage porcin, riz ou encore paprika.
En termes d’organisation, les différences sont tout
aussi palpables. Les Pays-Bas, dont les exploitations
occupent en moyenne environ 24 hectares - contre 45
hectares en France-, connaissent un système très intégré
de formation et de recherche autour des coopératives.
Quant à la Hongrie, la taille moyenne de ses
exploitations - 6 hectares seulement - reflète mal la
grande diversité de ses structures avec, d’un côté, de
très grandes exploitations sociétaires héritées des unités
collectives et, de l’autre, une noria de micro-exploitations. Depuis quelques années cependant,
l’économie de transition voit l’émergence d’exploitations
familiales.
Seul point commun notable, a priori, de ces deux États :
une forte activité exportatrice, principalement dans l’espace
communautaire.

Valérie Péan, Mission Agrobiosciences : Comment réagissez-vous à la teneur des débats que nous menons depuis ce matin, à l’aune de votre fonction de député européen, mais aussi en tant que citoyen étranger ?
Jan Mulder : La langue est différente, mais le contenu
est le même ! Nous avons exactement les mêmes discussions
aux Pays-Bas, où nous nous inquiétons beaucoup
du budget. Pour ma part, je pense qu’il faut laisser
le budget tel qu’il est jusqu’à 2013 mais qu’il faut s’attendre,à partir de là, à une forte diminution qui devrait faire l’objet de négociations dès 2011.
En revanche, vous n’avez guère souligné la valeur que
représente un marché commun de 500 millions de
consommateurs. C’est pourtant essentiel pour l’unification
de l’Europe, au même titre que la Politique Agricole
Commune, qui a fortement joué ce rôle depuis 68. Sans
la PAC, jamais le marché commun ne se serait ouvert aux
autres biens et services. Une PAC qui, au passage, ne
peut pas être abandonnée, pour une raison fort simple,
c’est qu’elle est inscrite dans le Traité de Rome et prévue
de manière plus ou moins semblable dans le Traité
réformé. Le budget qui lui est consacré peut certes varier,
mais le marché unique reste son objectif. Je voudrais
ajouter que l’agriculture, selon moi, conserve une place
stratégique dans tous les pays comme au sein de l’Union
européenne, au nom d’une autosuffisance alimentaire,
à l’instar du secteur de l’énergie.

Csaba Sandor Tabajdi : Le général de Gaulle s’était
écrié : « Comment peut-on gouverner un pays où il
existe 258 sortes de fromages ? » À mon tour, je me
demande : comment peut-on faire une politique agricole
française avec de telles divergences de vue, que
j’entends depuis ce matin ? Pour moi, Marciac, c’est
La Mecque. J’ai fait le pèlerinage dans le Gers. Sachant
que la France est de surcroît l’allié européen le plus
important pour les Hongrois, je ne vous cache pas que
j’ai été un peu choqué par votre propre embarras.
Il y a, selon moi, trois positions qui se dessinent clairement par rapport à l’avenir de la PAC : celle d’une libéralisation totale que souhaite la Grande-Bretagne ; celle des pays contributeurs nets, comme les Pays-Bas, qui
estiment inévitable un co-financement par les États. Et
puis il y a la position de la France, qui a été formulé
dans le fameux Memorandum(1), signé par 17 pays
membres dont la Hongrie.
Il est clair que la libéralisation totale signerait la fin de la PAC. Quant au cofinancement, il préoccupe fortement
les nouveaux entrants qui ont parfois le sentiment
d’être des boucs émissaires auxquels on impute
tous les problèmes. Mais de fait, c’est l’accord « Chirac-
Schröder » qui, en octobre 2002, a gelé le budget
agricole (Ndlr : on parle à ce propos de « sanctuarisation
 » du budget) ! Aussi, de 2007 à 2013, le même gâteau devra-t-il contenter désormais 27 membres...
Dans ce contexte, je partage une autre formule du
général de Gaulle quand il a déclaré : « Il faut être
l’avant-garde de l’inévitable ». En clair, il faut réformer
la PAC. Cela dit, pour Jan comme pour moi, il est évident
qu’on ne peut pas non plus changer de politique
tous les deux ans !
Au cours de la période budgétaire à venir, les ressources
seront insuffisantes pour alimenter pleinement le premier
pilier. Si l’on y ajoute la discipline financière, tout le
monde comprend qu’il faut soit réduire les aides
directes, soit faire appel au cofinancement des États. Ce
cofinancement, les pays les plus pauvres de l’UE le pratiquent déjà ! Cette année, alors que les agriculteurs
français reçoivent 100 % des aides directes européennes,
les agriculteurs hongrois n’en perçoivent que
40%. Il faut donc y ajouter les compléments nationaux.

Quand le facultatif est facteur de distorsions

Jan Mulder : Csaba a évoqué le cofinancement. Nous
avons établi le budget agricole en 2002 pour 25 pays.
En 2003, l’accord du Luxembourg réformant la PAC a
introduit la modulation obligatoire qui diminue les aides
directes de 5 %, ce qui dégage un montant affecté au
développement rural. Puis, en 2005, une autre diminution
du budget agricole est intervenue avec l’adhésion
de la Roumanie et de la Bulgarie, qui porte le
nombre des États membres à 27. Pour les dix nouveaux
entrants de 2004, il est impossible de toucher au
budget car il figure dans le traité d’adhésion. Cela signifie que le coût de l’élargissement à la Roumanie et à la Bulgarie est assumé par les agriculteurs des Quinze. En
clair, nous connaîtrons donc en 2013 une nouvelle
diminution des aides directes d’environ 8 %. J’ignore si
ce fait est connu en France, mais il s’agit là d’une estimation de la Commission européenne. Le Parlement
européen a d’ailleurs insisté pour que cette dernière
prenne clairement position, dès 2008, sur la question
du cofinancement : est-il possible, oui ou non ? Et il ne
s’agit pas là d’un co-financement volontaire, mais obligatoire. Car au regard du marché unique, nous ne pouvons
pas avoir un système de subvention qui diffère
d’un pays à l’autre.
Dans le même ordre d’idées, le Parlement européen est
fortement opposé à la décision prise en décembre 2005
par le Conseil européen(2), qui autorisait les États
membres à transférer 20 % des aides directes qu’ils
perçoivent, au bénéfice du développement rural, et
sans cofinancement de leur part. Il s’agit d’une modulation
facultative, qui vient en complément de la modulation
obligatoire de 5 %. À deux reprises, nous avons
demandé le retrait de cette proposition, car nous estimons
que cette mesure est extrêmement dangereuse,
introduisant des écarts de prix des produits agricoles
très préjudiciables au principe du marché commun.
De plus, nous estimons que lorsque nous faisons une
promesse, celle que nous avons faite en 2002 sur le
maintien en l’état du budget de la PAC, nous ne pouvons
pas décider trois ans après de l’amoindrir d’environ
un tiers !
Nous avons donc obtenu gain de cause au printemps
2007. La modulation facultative, c’est fini, excepté pour
l’Angleterre, comme d’habitude et de manière moindre
pour le Portugal.
En 2008, Mariann Fischer-Boel, la commissaire européenne chargée de l’agriculture, devrait proposer une nouvelle augmentation de la modulation obligatoire, pour que celle-ci passe de 5% à 10 %. Tout le monde s’y attend. Reste à savoir s’il faut accepter ou non une diminution des aides directes de 10% pour une politique
de développement rural. Ce sera la grande question.

Csaba Sandor Tabajdi : En Hongrie, le cofinancement
à hauteur de 30 % des aides directes a introduit de grandes inégalités sur les marchés, avec des conditions paradisiaques pour la filière des céréales ! En revanche, les grands perdants de la PAC, ce sont la filière porcine, la volaille, les fruits et légumes. J’ai pour
ma part analysé le bilan des trois ans de l’adhésion
des dix nouveaux entrants dans un rapport(3) que le Parlement européen a examiné en avril 2007 et j’ai
constaté de grandes inégalités, notamment à Chypre et
en Hongrie, où le système de financement européen a
approfondi les distorsions entre les céréales et l’élevage
et a discriminé les exploitations de moyenne et
petite taille. C’est hélas un argument pour les adversaires
de la PAC au sein de ces pays.

Si vous avez un « truc » pour augmenter le pouvoir du Parlement...

V.Péan : Je souhaiterais que vous éclaircissiez le rôle du
Parlement européen. Quelle est sa marge de manoeuvre
réelle par rapport à la politique agricole ? En clair, a-til
du pouvoir ?

Jan Mulder : C’est assez compliqué car chaque
année, nous négocions le rôle du Parlement, avec l’objectif
d’accroître de plus en plus son pouvoir. En principe,
le Parlement n’a qu’un rôle de conseil concernant
le budget et la législation agricoles relevant du premier
pilier. Si la Commission européenne ne tient pas compte
de notre avis consultatif, nous pouvons certes retarder
la législation de deux mois, mais à l’issue de ce délai,
la Commission et le Conseil européen sont libres de
décider comme ils l’entendent.
Concernant le 2e pilier, nous avons également un rôle
très limité, purement consultatif, concernant la législation. En revanche, nous avons le dernier mot sur le
budget. C’est bien ce qu’illustre la décision récente du
Conseil sur le dossier de la modulation facultative : nous
avons utilisé une sorte de chantage. Comme la Commission
refusait d’expliquer au Parlement les conséquences
que peut avoir la modulation facultative sur le
marché commun et l’égalité des chances pour les agriculteurs
européens, nous, députés européens, avons
tout simplement décidé de geler la réserve de 20%
sur les crédits de développement rural pour 2007...
En clair, les États membres n’ont pas le droit de dépenser
20 % de leur fonds pour le développement rural. Du
coup, nous avons été pris au sérieux, et le Conseil nous
a répondu favorablement. Sur la promesse de la Commission
d’abandonner la modulation facultative, le Parlement
a donc levé la réserve. Voilà un pouvoir
budgétaire que nous avons utilisé pour la première
fois(4). L’année prochaine, peut-être découvrira-t-on un
autre « truc »... Si vous avez des suggestions, vous
êtes les bienvenus !

Vers un label de qualité européen ?

V.Péan : Les Pays-Bas, très fortement urbanisés connaissent des préoccupations croissantes en matière d’environnement, par exemple en terme de bien-être animal...
Cette logique est-elle à même de bousculer la logique
que vous avez décrite sur la PAC ?

Jan Mulder : En la matière, mon pays connaît une
première mondiale. Lors du dernier scrutin, nous avons
en effet élu, au sein de notre Parlement national, des
candidats du parti des animaux... Il y a des humains
qui ont voté pour cela. La seule vocation de ce mouvement
politique est d’améliorer le bien-être des animaux
dans l’agriculture. Selon les sondages, ce parti
très populaire obtiendrait cinq sièges (sur 150) lors des
prochaines échéances électorales.
Cela dit, je crois que nos agriculteurs sont prêts à fournir
des produits de qualité, mais il faut que ceux-ci se
distinguent dans les rayons des supermarchés. Nous
devons nous concentrer de plus en plus sur les aspects
qualitatifs et sur les moyens de différencier ces produits
au sein de l’UE, ainsi que dans les négociations
de l’OMC, où l’on parle surtout des prix... Certes, il
existe des barrières dites non tarifaires, lorsque des
produits sont refusés pour des questions phytosanitaires
et vétérinaires, mais ce n’est pas suffisant.
Surtout, s’il est possible en Europe de consommer, cela
devient de plus en plus difficile de produire. Ce n’est pas
acceptable. Nos lois sur l’environnement sont en effet
extrêmement strictes et entraînent une bureaucratie
énorme, incompréhensible... Alors que nos agriculteurs
doivent faire avec ces contraintes, la porte est ouverte
pour n’importe quel produit du reste du monde, élaboré
dans des conditions très différentes. Cela doit faire partie
des négociations à mener dans le cadre de l’OMC.
Hélas, nous ne sommes pas prêts à le faire. La Commission
dit que c’est trop difficile, que nous avons déjà du fil à retordre avec les prix et qu’il ne faut pas alourdir
le dossier avec d’autres aspects. Pour moi, il y a cependant
une deuxième option : il s’agit d’introduire un label
de qualité pour tout produit fabriqué selon les critères
européens. Nous pouvons aussi parler de label de qualité
supérieure, à l’image du label rouge pour les viandes
en France. Ce doit être une démarche volontaire au sein
de chaque pays. Répondre aux préoccupations de l’opinion
publique, qui s’expriment fortement aux Pays-Bas,
passe donc soit par une solution internationale, soit par
un label européen, sur la base du volontariat national.

Pour nous, la priorité n’est pas l’écologie, mais
la pauvreté

Csaba Sandor Tabajdi : C’est très étonnant, mais je
suis tout à fait d’accord avec Jan. Concernant les négociations au sein de l’OMC, je suis catégorique : jamais
je ne signerai avec cette organisation un accord qui
n’intègre pas le respect des critères européens, vétérinaires, phytosanitaires et environnementaux. Car c’est
là un grand désavantage pour notre compétitivité à
l’échelle mondiale.
Deuxième remarque : dans cette agriculture européenne
à deux vitesses, on peut considérer comme
un avantage le fait que les nouveaux venus n’ont pas
assez d’argent pour les engrais chimiques et les pesticides.
De fait, notre agriculture est moins polluante que
celle des Quinze. Sachez en effet que les dix nouveaux
pays membres utilisent en moyenne 40 % seulement
de la quantité de pesticides qu’emploient les Quinze,
et un tiers des engrais chimiques.
Troisième remarque : il y a une autre césure entre les
Quinze et les Douze, car, pour nous, ce n’est pas l’écologie
la priorité, mais la pauvreté. Quand nous faisons nos
courses au supermarché, nous ne nous soucions pas de
l’origine, nous regardons uniquement le prix ! C’est pourquoi je ne peux pas dire que la préoccupation environnementale pourrait infléchir notre position. Sur le principe, je suis évidemment pour une agriculture européenne à valeur ajoutée écologique, comme la promeut le manifeste de Stéphane Le Foll. Mais je prône avant tout une
agriculture à valeur ajoutée socio-économique. Au cours
de la période de transition, la majorité des agriculteurs
hongrois ont perdu leur travail à travers la suppression
des coopératives et des grandes entreprises d’État. D’une
certaine manière, vous avez connu un tel processus il y
a cinquante ans, avec la modernisation de l’agriculture
et l’exode rural. Sauf que chez nous, les chômeurs sont
restés à la campagne. S’y sont ajoutés les chômeurs qui
travaillaient dans les usines et qui ont quitté les villes, car la vie coûte moins cher dans le rural. Cela génère des tensions très fortes. C’est encore plus grave en Roumanie
et en Pologne, où le taux d’actifs dans l’agriculture est respectivement de 33 % et de 20 %, contre 1% en France,
et 4 à 5% en Hongrie.

Jan Mulder : Concernant l’Europe à deux vitesses, il
est malaisé d’expliquer que les agriculteurs roumains,
hongrois ou polonais ne reçoivent que 40 % des aides
directes. À l’époque, lorsque nous avons négocié le Traité d’adhésion, nous avons pensé que ces pays avaient surtout
besoin d’aides structurelles. Nous avons donc privilégié
le fonds pour le développement rural. La Pologne
doit ainsi dépenser chaque jour, jusqu’au 31 décembre
2013, 40 millions d’euros... C’est ce qu’on lui donne
chaque jour. C’est beaucoup.

V.Péan : En quelques mots, avant que son bilan de santé
n’ait lieu, pouvez-vous faire un pré-diagnostic de la
PAC ?

Jan Mulder : Je reste optimiste. Et je crois aussi notre
Commissaire européenne, Mariann Fischer-Boel,
quand elle annonce qu’elle souhaite proposer de passer
la modulation obligatoire de 5 à 10 %, la difficulté
pour les États membres étant de trouver le cofinancement
correspondant. Elle a également proposé de plafonner
les aides directes, mesure qui est plutôt
populaire. Son prédécesseur, Franz Fischler, souhaitait
également le faire, en argumentant qu’en Angleterre,
c’est la reine Elizabeth qui reçoit le plus gros montant
d’aides agricoles directes. En France, je crois que c’est
le prince de Monaco... À l’époque, l’Angleterre et l’Allemagne
se sont opposé à cette mesure. Nous verrons
si, cette fois, elle passera.
Mariann Fischer-Boel est d’avis qu’il ne faut pas opérer
de grands bouleversements, mais que si quelque
chose est malade dans la PAC, il faut le guérir.

Csaba Sandor Tabajdi : Qu’on aime ou pas la mondialisation
et la globalisation, la compétitivité des produits
européens est une question clé ! On ne peut pas
l’éviter. Dans le même ordre d’idées, d’ici quelques
décennies, il y aura une réelle pénurie à l’échelle de la
planète en matière de produits agricoles. Quand nous
réfléchissons à l’avenir de la PAC, il ne faut donc jamais
oublier que nous avons là un trésor. Toutefois, le lobby
agricole européen n’est pas assez fort. Il doit absolument
s’organiser et accepter les changements nécessaires.
En la matière, vous n’avez pas conscience de la
responsabilité qu’ont les spécialistes français dans la
redéfinition de l’agriculture du XXIe siècle, moderne,
écologique et compétitive. Il faut réformer profondément
ce secteur, à l’aide des recherches scientifiques
et des nouvelles technologies. Pour les agriculteurs
français, il y aura toujours des aides directes suffisantes
ou presque, mais qu’en sera-t-il de la cohésion européenne
et de la PAC ? Aussi oserai-je vous dire, et peutêtre
est-ce marxiste, mais je l’ai été et je ne le cache
pas : agriculteurs de l’Europe, unissez-vous !"

(1) Le Mémorandum français sur la mise en oeuvre et l’avenir de la PAC réformée, adressé en mars 2006 à la
Commission européenne, a été cosigné par Chypre, Espagne, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Italie, Lituanie, Luxembourg, Pologne, Portugal, Slovénie. La Bulgarie et de la Roumanie y étaient associées. Ces États membres ont
souligné leur attachement au maintien d’une politique agricole européenne ambitieuse et compétitive répondant à
tous les défis d’ordre environnemental et sanitaire. Ils ont
également insisté sur la nécessité de simplifier la gestion
administrative de la PAC afin de la rendre plus simple, plus
transparente et plus efficace. Le mémorandum mentionne notamment des mesures destinées à la fois à prévenir mais
aussi à gérer les crises.

(2) Le Conseil européen réunit les chefs d’État ou de Gouvernement de tous les pays membres, auxquels s’ajoute le
président de la Commission. Il définit les orientations
politiques générales de l’UE mais ses propositions, prises par consensus n’ont aucune valeur juridique. Elles doivent donc être proposées par la Commission européenne et soumises aux votes du Parlement européen ainsi que du Conseil de l’Union européenne, appelé également Conseil des ministres
.
(3) Accéder au Rapport

Jan Mulder est Néerlandais, ingénieur agronome de
formation, expert pour la FAO au Kénya dans les années 70,
puis fonctionnaire au Ministère des Affaires Étrangères des
Pays-Bas. Elu député européen (groupe Alliance des
démocrates et des libéraux) en 1994, il est vice-président
de la Commission des budgets, et membre suppléant de la
Commission de l’agriculture et du développement rural.

Csaba Sandor Tabajdi est Hongrois. Économiste et
philosophe de formation, il a commencé par une carrière de
diplomate au Ministère des Affaires Étrangères de son pays
notamment en tant qu’attaché culturel à l’ambassade de
Moscou (1975-1981), avant d’occuper des fonctions de
ministre adjoint et de sous secrétaire d’État dans le
Gouvernement hongrois. Élu député européen en 2004
(groupe Parti socialiste européen), il est membre de la
Commission de l’agriculture et du développement rural et
membre suppléant de la Délégation pour les relations avec
la République Populaire de Chine.

Télécharger gratuitement les actes de la 13ème Université d’Eté de l’Innovation Rurale, "Agriculture et territoires ruraux : quelle politique agricole européenne, voulons-nous ?", une publication de la Mission Agrobiosciences.

Accéder au programme de la 14è Université d’Eté de l’Innovation Rurale, "C’est par où, le rural ?"

Organisée par la Mission Agrobiosciences et la Communauté de Commune Bastides et Vallon du Gers, l’Université d’Eté de l’Innovation Rurale se propose d’instruire et de débattre collectivement des sujets qui interpellent fortement notre société : le futur de l’agriculture et des territoires ruraux, leurs transformations... Elle se déroule sur trois journées, au mois d’août, à Marciac (Gers) pendant le festival Jazz In Marciac. Pour en savoir plus

L’ensemble des interventions, tables rondes, débats et échanges en plénière de ces journées est édité sous forme d’Actes. Ces Actes de l’Université de l’Innovation Rurale, publiés avec le soutien financier du Conseil général du Gers, sont accessibles gratuitement sur le Magazine Web de la Mission Agrobiosciences. Accéder aux Actes de l’Université d’Eté de l’Innovation Rurale

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