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Les 18èmes Controverses européennes de Marciac, 1er et 2 août 2012
L’exploitation agricole dite moderne est-elle rentable et socialement utile ? (contribution)
La contribution de Rui Oliveira Santos


L’agriculture a-t-elle le droit d’être moderne ?, tel est le fil rouge des 18èmes Controverses européennes de Marciac, qui se tiendront les mercredi 1er et jeudi 2 août 2012, à Marciac (Gers). Pour nourrir en amont la réflexion sur ce thème, la Mission Agrobiosciences a lancé un appel à contributions ouvert à tous.
Après celles de Matthieu Calame, de Francis Macary, de Gérard Kafadaroff, de Yves Pinel et de Xavier Cresp et des agriculteurs Bernard et Françoise Dutoit, c’est au tour de Rui Oliveira Santos, enseignant et docteur en économie rurale, de nous proposer son point de vue.

 

La modernité fait référence à un mode de civilisation en rupture avec le précédent. Au regard des philosophes des Lumières, c’est un processus de transformation sociale qui confère à la raison la légitimité de la domination politique, culturelle et symbolique, tout en affirmant l’autorité de l’homme dans la conduite et la maîtrise de son destin et celui de l’humanité, à condition que son action soit guidée par des principes universalisables.
Or, de nos jours, la raison devient monodisciplinaire et incapable de dire aux hommes comment vivre. Elle se construit sous l’égide de l’accumulation matérielle et du progrès technologique, souvent obnubilé, car censé produire une amélioration généralisée des conditions de vie. En agriculture, les successives réformes agraires et révolutions vertes préconisent la mise en place de plans de modernisation, qui bouleversent profondément les modes de vie des paysans. Qu’en est-il du sens des transformations entreprises et de l’accomplissement de la modernité en agriculture ?

L’ère moderne se décline par une accélération de l’urbanisation, de la spécialisation du travail et de l’échange international. Tenu comme synonyme de progrès, le mode de vie urbain arrachait l’homme à la nature par la culture ; le progrès technologique autorisait la mécanisation des opérations libérant ainsi l’homme des tâches ingrates et des servitudes ; la mise en valeur des savoirs prônait l’intensification culturale avec pour but l’accroissement de la production et de la productivité (productivisme) mises au service de la conquête de nouveaux marchés.
Cette évolution amènera à une refonte substantielle du référentiel technico-économique, mais aussi identitaire, du métier : le paysan devient progressivement agriculteur, puis agrimanager, avec pour conséquence la distanciation croissante entre le produit et son marché (export), l’activité et le milieu naturel (cultures hors-sol), l’exploitant et la reproduction économique et sociale du métier.
C’est que l’engagement dans la modernisation implique d’être toujours à la pointe du progrès, nécessite l’utilisation accrue de capitaux et l’agrandissement des structures, les rendant difficilement transmissibles. L’isolement géographique résultant de la concentration foncière, couplé à la dévitalisation rurale, qui favorise l’isolement social, participent à la fragmentation identitaire du métier et au célibat des agriculteurs. A défaut d’être toujours vivable et transmissible, l’exploitation agricole moderne est-elle rentable et socialement utile ?

L’accroissement rapide de la productivité agricole a permis à la France, et à l’Europe, de se hisser au rang de puissances agroindustrielles. Afin de favoriser l’exportation et garantir le pouvoir d’achat des consommateurs, la politique agricole, désormais commune, table sur des prix au producteur en permanence maintenus sous pression à la baisse. Cela s’est traduit par une précarisation économique grandissante des agriculteurs, au point que les systèmes de compensation publique deviennent la composante principale du revenu agricole (+ de 50 % d’aides). On parle désormais d’une agriculture sous perfusion, voire d’assistanat, où il n’est point question de rentabilité sans les aides. Dès lors, les gains économiques résultants de cette nouvelle organisation (dite moderne) de la production sont principalement transférés vers l’agro-industrie et les consommateurs, l’agriculteur étant devenu le maillon faible et la variable d’ajustement d’un système économique mondialisé, volatile et erratique.
Pire, les conséquences néfastes engendrées par le processus actuel de libéralisation et de déréglementation des marchés sont cumulatives et touchent à bien des aspects de la vie et de l’organisation sociale. Du coup, si la modernité se caractérise par l’adoption du progrès, encore faudrait-il s’interroger sur le sens dernier du mot !
L’indéniable réussite technique des temps modernes s’accompagne d’une vision du monde aux ressources infinies ou l’homme règne en maître et poursuit de façon égoïste son intérêt personnel. Les limites de cette approche sont désormais connues, ses résultats nuancés et ses dérives affirmées, notamment en référence à la gestion alimentaire : crise de la vache folle, OGM, malbouffe, érosion des sols, pollution aux nitrates et au méthane, démultiplication des cancers chez les viticulteurs, obésité, disparition de la paysannerie et dévitalisation rurale, élimination de l’agriculture vivrière, pauvreté et dépendance alimentaire…. Est-ce cela notre vision de la modernité ? Du fait que l’alimentation est un droit universel mais que les aliments sont des biens marchands, ne devrait-on pas œuvrer pour la reconnaissance d’un droit sociétal appliqué aux échanges alimentaires ?

Contribution de Rui OLIVEIRA SANTOS, enseignant, Docteur en Economie Rurale aux 18èmes Controverses de Marciac, juillet 2012.

Accéder au programme des 18èmes Controverses européennes de Marciac, L’agriculture a-t-elle le droit d’être moderne ?

Retrouvez les autres contributions, de :
- Matthieu Calame,
- Francis Macary,
- Gérard Kafadaroff,
- Yves Pinel,
- Xavier Cresp,
- Jean-Jacques Delmas,
- Bernard et Françoise Dutoit,
- Léonard Cordier,
- Catherine Morzelle,
- Alain Gaignerot,
- Rémi Mer,
- Jean-Claude Devèze,
- Christophe de Heaulme
- Hervé le Stum
- Béatrice de Reynal
- Magali Dupin
- Anne Haegelin
- Georges Aurensan
- Claude Domenget et Guillaume Favoreu
- Jacques Maret
- Fabrice Flipo
- Denis Sapène
- Jacques Berthelot
- François Thabuis
- Samuel Ferret

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