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Les Controverses européennes de Marciac
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Retour d’expérience. 02 décembre 2014.
Les Controverses européennes de Marciac : rendons visible le fruit de nos échanges !
Chronique de Victor Zylberberg, étudiant à AgroParisTech

A l’occasion des 20èmes Controverses européennes de Marciac (CEM), nombre de participants ont exprimé de manière plus ou moins formelle leur attachement à cet événement unique... Il est vrai que l’on y réfléchit beaucoup, qu’on y mange bien aussi, c’est vrai, mais pourquoi y revenir année après année ?
Comprendre ce que produit cet événement, tel est le travail de recherche que la Mission Agrobiosciences et AgroParisTech ont confié à Victor Zylberberg, et dont il livre les fruits dans cette chronique.
Pour poursuivre la réflexion, la MAA lance un appel à témoignages.

 

Les Controverses européennes de Marciac :
rendons visible le fruit de nos échanges !

A la recherche de la face cachée des CEM

J’ai pu goûter à ce bouillon de culture(s) que sont les Controverses dès la phase de préparation. En m’accueillant pendant plusieurs mois en tant que Chargé de mission, la Mission Agrobiosciences ainsi qu’Agroparistech m’ont demandé de me pencher, entre autres, sur la question des productions des CEM dans le cadre d’un travail de recherche. Le mot recherche prenait alors tout son sens puisqu’il s’agissait d’identifier ce que produit cet événement.

Au fil de mes lectures préalables, j’ai perçu comme une forme de mysticisme autour de cet événement. On y parle d’un « état d’esprit », d’« intelligence collective », d’un « lieu de saisissement », « d’alchimie » ou encore d’un espace « où l’idée s’expose » pour reprendre les termes de Jean-Claude Flamant. Sauf qu’à partir de là, je n’étais guère plus avancé ! Comment être plus précis quant à l’issue des CEM ? De quelle manière appréhender concrètement ce que cet événement rend possible ?
Une préoccupation qui rejoint l’interrogation des organisateurs et de certains participants.

Essaimer dans le champ de la connaissance

Il est toutefois une forme de production reconnue de tous : celle des connaissances que les CEM rendent audibles, mettent en partage et diffusent.

Le croisement des regards de chercheurs et professionnels issus de champs et disciplines souvent cloisonnés se révèle en effet des plus fertiles. Ce que résume Jean-Marie Guilloux, le directeur de la Mission Agrobiosciences, en ces termes : « Tous ces savoirs mêlés permettent de découvrir des choses que personne ne sait encore. Ce n’est pas de la recherche mais on cherche des choses ». Cette connaissance nouvellement produite est, elle aussi, aisément identifiable via la lecture des Actes des Controverses.

C’est cette même connaissance qui permet aux participants de « prendre du recul », un terme revenu sans cesse lors de nos entretiens, et de changer à termes leurs pratiques, au profit des idées défendues à Marciac.
Pour certains cette connaissance intervient comme une ressource professionnelle mais elle peut aussi aider à affûter les arguments, notamment chez des agriculteurs, et apparaître ainsi comme source d’empowerment [1].

C’est également cette connaissance qui « nourrit » le politique en éclairant sa décision. Csaba Tabajdi, lors des 20èmes CEM [2], alla jusqu’à dire que « Les bases de la nouvelle PAC ont été pensées ici à Marciac ».

Un événement qui appartient à ses participants

Lors de la Conversation sous les platanes de cette 20ème édition, beaucoup ont exprimé l’envie de voir de « l’opérationnel » après Marciac. En clair, que des conséquences pratiques en émanent. Il est en effet frustrant de pousser certaines réflexions aussi loin sans qu’elles soient marquées d’effets concrets. Marciac inspire, questionne, informe et cela peut avoir des conséquences opérationnelles.

Reste que cette dimension est peu visible, pour deux raisons : elle intervient a posteriori de l’évènement et est l’œuvre de ses participants. Si ceux-ci s’approprient l’apport des CEM, des résultats véritables et résolument tangibles peuvent émerger. Pour exemple, à l’issue de cette 20ème édition, un agent de la DDT a fait part à sa hiérarchie des pistes qui lui semblait intéressantes à explorer et mettre en œuvre au sein de son territoire.

Autre production des CEM, qui est encore l’œuvre de ses participants : sa capacité à tisser des liens entre les personnes, les lieux, les institutions. A Marciac, on peut discuter avec qui l’on veut. Un lieu propice à la mise en réseaux, un mot cher au monde professionnel, et aux rencontres. De celles-ci naissent des collaborations, sur l’écriture d’un article ou d’un ouvrage par exemple, des invitations à des conférences pour diffuser une parole entendue à Marciac, des partenariats sur un projet de recherche, des coopérations comme ce fut le cas entre des chercheurs français et des agriculteurs algériens.

A vous !

Ces différents types de production issus des CEM, nous les avons identifiées au travers d’une dizaine d’entretiens seulement auprès d’intervenants et participants de ces journées. Trop peu, donc pour pleinement saisir ces « choses » qui se passent grâce aux Controverses, surtout après, surtout ailleurs.

D’où la nécessité pour la MAA de lancer un appel à contribution, auprès de l’ensemble de ses participants, afin de donner un coup de projecteur sur toutes ces initiatives et projets qui n’auraient jamais vu le jour sans les CEM. Et pouvoir enfin répondre précisément et de manière argumentée à cette question que l’on ne cesse de poser à la structure : « A quoi ça sert ? »
A vos plumes !

Chronique de Victor Zylberberg, 02 décembre 2014

En savoir plus sur l’appel à témoignages lancé par la Mission Agrobiosciences

En savoir plus sur les Controverses européennes de Marciac

Lire aussi :
- Controverses européennes de Marciac : dix années de débats collectifs pour mesurer les forces de transformation du futur Chronique de Jean-Claude Flamant. Février 2005.
- L’esprit de Marciac. Raúl Compés López Université Polytechnique de Valencia. 17 juillet 2014
- "Non, je ne suis pas musicien, je viens pour débattre de l’agriculture et du monde rural" Un texte de Marc Gauchée. Juillet 2014. 20ème anniversaire des Controverses européennes de Marciac.


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[1L’empowerment désigne un processus par lequel un individu ou un groupe social se voit attribuer un supplément de pouvoir (ici via la connaissance) lui permettant d’agir sur les conditions sociales, économiques, politiques ou écologiques qu’ils subissent.

[2"Pour des territoires vivants... Faut que ça déménage !". En savoir plus : http://www.agrobiosciences.org/article.php3?id_article=3766#.VHxkbWe8X5k

 

Dans cette rubrique

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