prsentation contacts partenaires abonnez-vous à la lettre électronique Retour  l'Accueil
Loading
"Ça ne mange pas de pain !"
Salon International de la Qualité Alimentaire (SISQA)
Publications
Les recettes de Fernand Cousteaux
En collaboration
Nos sélections
Perturbateurs endocriniens : le bruit du silence  
Modèle productiviste : ces agriculteurs qui sortent du rang 
To be or not to be… an OGM ? 
    Abonnez-vous à notre flux RSS  
Veille alimentation et société. 4 juillet 2011
Lutte contre l’obésité. Etats-Unis : une assiette plutôt qu’une pyramide. France : baisse de la TVA plutôt que subventions...
Issu du Bulletin électronique Etats-Unis du 1er juillet 2011,


On le sait, l’obésité, et ses maladies associées, est un fléau mondial, et les Gouvernements semblent souvent impuissants à enrayer la montée de cette maladie, qui touche aussi bien les pays occidentaux que les pays en voie de développement, les enfants que les adultes.
Si la consommation de fruits et légumes est au cœur des politiques reste que, dans de nombreux pays, elle plafonne en dessous des niveaux recommandés. Comment y remédier ?
La Fondation Bonduelle se fait l’écho d’une étude récemment publiée dans le European Journal of Public Health [1]. Des chercheurs ont quantifié les effets économiques et sanitaires sur des scénarii de politique alternative visant à augmenter la consommation de fruits et légumes, en France. Tout d’abord en réduisant de 3,4 % le taux de TVA, en subventionnant l’achat de fruits et légumes de 100 € par personne et par an pour les populations à faible revenu, en investissant 10 € par personne dans des campagnes d’information. Les résultats ont été comptabilisés statistiquement entre un nombre de décès évités et des années de vie sauvées. Les résultats montrent que le meilleur rendement revient à la baisse de la TVA, tandis que les subventions réduisent les inégalités entre les populations.
Une étude qui ne saurait laisser indifférents les Etats-Unis dont la population compte toujours près d’un tiers d’obèses, malgré un très léger ralentissement de la tendance. Un problème complexe, mêlant santé et dépense publiques, frais médicaux et lobbying agroalimentaire, auquel le Centre américain de politique et promotion de la nutrition a décidé de s’attaquer. Lire, ci-dessous, sur le site de la Mission Agrobiosciences l’article issu du BE Etats-Unis du 1er juillet 2011, expliquant que la nouvelle campagne de promotion pour une alimentation équilibre américaine ne repose plus sur la fameuse pyramide, mais dont la nouvelle icône est une assiette divisée en quatre sections. En fin d’article, un rappel succinct des recommandations françaises et l’état des derniers projets européens de lutte contre l’obésité.

 

USDA : nouvelle stratégie de promotion d’une alimentation équilibrée, une assiette plutôt qu’une pyramide
Une information issue du BE Etats-Unis numéro 253 (1 /07/2011). [2]

La question de l’équilibre alimentaire est reconnue comme l’un des principaux fléaux aux Etats-Unis en matière de santé publique, comme en témoigne l’augmentation des cas d’obésité et des maladies associées. Ce problème complexe mêle santé publique, dépense publique et frais médicaux, lobbying des groupes agroalimentaires... Les coûts annuels de l’obésité en termes de frais médicaux, s’élevaient, en 2008, à près de 147 milliards de dollars [1 ] [3]. Près d’un tiers de la population adulte aux Etats-Unis est obèse, même si cette tendance semble se ralentir quelque peu (étude de 2010 [2]). Pour les enfants et adolescents entre 2 et 19 ans, près de 17% sont obèses (d’après une étude réalisée en 2007-2008 [3]). Les populations les plus exposées sont d’origine hispanique et les Afro-américains (qui représentent respectivement 16,3% et 12,6% de la population, en constante augmentation depuis 2000) avec près de 40% des enfants qui rencontrent des problèmes de surpoids.

Dans ce contexte, le gouvernement fédéral entend communiquer et mettre en place des programmes d’éducation sur l’alimentation équilibrée. Dans un précédent bulletin [4] nous évoquions les vertus de l’alimentation "organique" comme l’une des solutions pour enrayer ce problème de santé publique. On peut également citer l’initiative "Let’s Move" soutenue par Michelle Obama, qui fut lancée le 9 février 2010, pour combattre l’obésité infantile. Aujourd’hui, nous nous proposons de présenter la nouvelle mesure mise en place par le Ministère de l’Agriculture (U.S. Department of Agriculture, USDA) qui vient de lancer, le 2 juin dernier, avec le soutien de la première dame, une nouvelle campagne de promotion pour l’alimentation équilibrée. Celle-ci se caractérise par un changement majeur : le remplacement de la très célèbre pyramide alimentaire par un nouvelle icône, le MyPlate Icon, représentant une assiette divisée en quatre sections symbolisant les différentes catégories de nutriments à consommer.

Ce lancement a été promu dans le cadre du rassemblement annuel, de la plus importante association américaine en science des aliments, l’IFT (Institute of Food Technologists), qui s’est déroulé à la Nouvelle Orléans (Louisiane) du 11 au 14 juin 2011.

Le Centre de Politique et Promotion de la Nutrition (USDA), acteur de ce changement

Au sein de l’USDA, le Centre de Politique et Promotion de la Nutrition (Center for Nutrition Policy and Promotion, CNPP) est en charge de la promotion de cette nouvelle schématisation. Entre septembre 2011 et décembre 2013, le CNPP mènera une campagne de communication avec le soutien de partenaires publics et privés afin de sensibiliser les consommateurs aux messages-clés en termes de nutrition présentés dans le Dietary Guidelines, publié en janvier 2011 et qui sont symbolisés par ce nouveau logo. Les grands thèmes de communication sont les suivants : "la moitié d’une portion alimentaire doit être composée de fruits et légumes", "aliments à consommer plus", "aliments à consommer moins", "équilibre calorique", "activité physique adaptée à chacun". De plus, selon James Painter, psychologue de l’alimentation et diététicien agréé de l’Eastern Illinois University à Charleston (Illinois), l’icône MyPlate offrirait une représentation plus proche de la composition idéale d’une assiette.

Le site Internet ChooseMyPlate.gov fournit des informations pratiques à destination des individus, professionnels de la santé, spécialistes de la nutrition et industries agroalimentaires dans le but d’aider les consommateurs à adopter des régimes alimentaires plus sains en leur fournissant les ressources et les outils d’évaluation diététique, d’éducation nutritionnelle et d’autres informations nutritionnelles faciles à utiliser.

Panorama des représentations pour une alimentation équilibrée depuis 1992

La première représentation en pyramide (figure 1) date de 1992 et constituait le résultat de plus d’une décennie de recherche. Celle-ci était basée sur une échelle en quantité relative, spécifiant les portions journalières de chaque catégorie nutritionnelle. En partant de la base de la pyramide et en remontant jusqu’au sommet, on a donc par ordre décroissant, les graines, qui peuvent être consommées en plus grande quantité, suivi des fruits et légumes, puis, les produits laitiers, les protéines et enfin les sucreries et autres produits gras à consommer en plus petites quantités. L’une des principales critiques faites à cette première pyramide est de ne pas tenir compte des dernières avancées de la recherche en termes de nutrition. En effet, elle recommandait un régime riche en glucides sans distinguer les céréales complètes bénéfiques pour la santé des produits hautement transformés comme le pain blanc. De plus, elle ne différenciait pas les huiles et matières grasses entre elles, par exemple certaines huiles extraites de plantes ou de poissons, riches en oméga 3, sont bénéfiques pour la santé du système cardio-vasculaire par exemple, alors que d’autres comme les acides gras saturés peuvent au contraire entraîner des occlusions artérielles et des crises cardiaques.

Puis, en 2005, en raison des avancées en science nutritionnelle et sous l’influence des lobbies agroalimentaires, cette représentation a été revue dans le but de diminuer la part trop importante que tenaient les féculents dans la représentation initiale. Cette nouvelle icône (figure 2) était constituée de 6 bandes partant du sommet d’une pyramide, représentant les catégories d’aliments suivantes : graines, légumes, fruits, huiles, produits laitiers, viandes et légumineuses. De plus, cette schématisation intégrait également l’importance de l’exercice physique, comme schématisé sur la figure 2.

La nouvelle icône de 2011 (figure 3) représente un plat divisé en quatre sections : la moitié du plat doit être composée de fruit et légumes, une autre section de céréales et autres graines et le reste devrait contenir des sources de protéines. En accompagnement de ce plat, une portion de produits laitiers est à ajouter.

Certains experts scientifiques furent agréablement surpris de l’importance de la proportion recommandée en fruits et légumes, ceci risquant d’attirer les objections des industries agroalimentaires. En effet, la pression des lobbies industriels du secteur sur l’USDA est connue de longue date mais, malgré les craintes, il semblerait que les industriels de l’agroalimentaire aient réagi positivement à ce changement.

Etant donnée l’augmentation des cas d’obésité et de diabète, le changement des habitudes alimentaires des américains est devenu une priorité. D’où le défi de parvenir à faire adopter par les consommateurs le contenu de cette nouvelle "assiette", dans le but de freiner la tendance aux mauvais comportements alimentaires et d’éduquer les nouvelles générations.

La réussite de cette transformation des mœurs et habitudes alimentaires réside dans la mise en place d’un bon outil éducatif, simple et qui marque les esprits. La sobriété de l’icône MyPlate apparaît ici comme un bon support didactique pour mener à bien cette entreprise.

Recommandations alimentaires outre-Atlantique (France)

En France, l’équivalent serait le programme national "Nutrition santé" et le site internet associé mangerbouger.fr qui propose 9 repères pour "Bien Manger" [5] (figure 4) :
- Les fruits et légumes : au moins 5 par jour
- Les produits laitiers : 3 par jour (3 ou 4 pour les enfants ou les adolescents)
- Les féculents : à chaque repas et selon l’appétit
- Viande, poisson, oeuf : 1 à 2 fois par jour
- Matières grasses : à limiter
- Produits sucrés : à limiter
- Sel : à limiter
- Eau : à volonté pendant et entre les repas
- Activité physique : au moins l’équivalent de 30 min. de marche rapide par jour pour les adultes (au moins 1 heure pour les enfants et les adolescents)

Côté français, les autorités jouent plus sur la variété des produits à consommer ainsi que sur une liste d’interdits pour certaines catégories d’aliments. Aux Etats-Unis, cette approche des "interdits" ne semble pas avoir fonctionné au vu de l’explosion du marché des produits "light", qui ne règlent pas le problème de fond des habitudes alimentaires.

Lutte contre l’obésité en Europe

Les gouvernements européens sont fortement préoccupés par la lutte contre l’obésité qu’ils ont identifiée comme un défi de santé publique urgent et ce notamment pour les enfants. Dans de nombreux pays d’Europe, la part des dépenses publiques pour la santé dues à des problèmes liés à l’obésité atteint les 5% [6]. Le septième programme-cadre européen regroupe de nombreuses initiatives de recherche sur cette thématique de la nutrition - santé, en général, et de l’obésité, en particulier. Voici quelques-uns des projets actuels :
- Plate-forme Européenne d’action en Matière d’Alimentation, d’Activité Physique et de Santé
- IDEFICS - Identification and prevention of Dietary- and lifestyle-induced health EFfects In Children and infants
- FLABEL - Food Labelling to Advance Better Education for Life
- EURRECA - EURopean micronutrient RECommendations Aligned
- EATWELL (Interventions to Promote Healthy Eating Habits : Evaluation and Recommendations)
- AFRESH - Activity and food for regional economies supporting health
- HOPE - Health Promotion through Obesity Prevention across Europe

En conclusion, l’éducation des consommateurs pour les aider à élaborer des repas équilibrés est une problématique mondiale. L’engagement des gouvernements et des experts scientifiques sur ces questions apparaît comme incontournable pour la promotion des campagnes d’information et de sensibilisation nutritionnelles, mais également dans le but de solutionner les problèmes de santé publique associés aux formes de malnutrition comme l’obésité. Le nouvel outil pédagogique proposé par l’USDA semble, au premier abord, avoir fait l’unanimité. Il reste cependant à suivre les réactions des lobbies agroalimentaires à plus long terme pour assurer le succès durable de cette campagne.

Rédacteurs : Magali Muller, deputy-agro.mst@consulfrance-chicago.org ;
Adèle Martial, attache-agro.mst@consulfrance-chicago.org

Lire également sur le site de la Mission Agrobiosciences
- Le dossier « Obésité, le corps sous pressions », édité par la Mission Agrobiosciences.

- Ces enfants mal dans leur assiette, mal dans leur tête ?, une interview de Pascale Isnard, pédopsychiatre, juin 2011

Accéder à toutes les Publications : Alimentation et Société et Cancers et alimentation. Des conférences-débats, tables rondes, points de vue et analyses afin de mieux cerner les problématiques sociétales liées au devenir de l’alimentation. Edités par le Magazine Web de la Mission Agrobiosciences.

Accéder à toutes les publications « l’Alimentation en question dans "Ça ne mange pas de pain !" (anciennement "Le Plateau du J’Go"). Les actes de l’émission de la Mission Agrobiosciences sur l’actualité de Alimentation-Société diffusée sur Radio Mon Païs (90.1), les 3ème mardi (19h-20h) et mercredi (13h-14h) de chaque mois. Edités par le Magazine Web de la Mission Agrobiosciences

Accéder à toutes les publications de la Mission Agrobiosciences sur la Méditerranée : repères sur les enjeux agricoles et alimentaires, analyses géopolitiques. Editées par le Magazine Web de la Mission Agrobiosciences.

Accéder à toutes les publications « Agriculture et société ». Des conférences-débats, tables rondes, points de vue et analyses afin de mieux cerner les problématiques sociétales liées au devenir de l’agriculture. Edités par le magazine Web de la Mission Agrobiosciences.

Accéder à tous les Entretiens et Publications : "OGM et Progrès en Débat" Des points de vue transdisciplinaires... pour contribuer au débat démocratique. Edités par le Magazine Web de la Mission Agrobiosciences.

Accéder à toutes les publications : Sur le bien-être animal et les relations entre l’homme et l’animal Pour mieux comprendre le sens du terme bien-être animal et décrypter les nouveaux enjeux des relations entre l’homme et l’animal. Avec les points de vue de Robert Dantzer, Jocelyne Porcher, François Lachapelle... Edités par le Magazine Web de la Mission Agrobiosciences

Accéder à toutes les Publications : "Sciences-Société-Décision Publique"de la Conversation de Midi-Pyrénées. Une expérience pilote d’échanges transdisciplinaires pour éclairer et mieux raisonner, par l’échange, les situations de blocages « Science et Société » et contribuer à l’éclairage de la décision publique. Edités par le Magazine Web de la Mission Agrobiosciences.

Accéder à toutes les Publications : Science et Lycéens.
Les cahiers de l’Université des Lycéens, moment de rencontres entre des chercheurs de haut niveau, des lycéens et leurs enseignants. Des publications pédagogiques, agrémentées d’images et de références pour aller plus loin, qui retracent la conférence du chercheur et les questions des lycéens. Edités par le Magazine Web de la Mission Agrobiosciences

Accéder à toutes publications Histoires de... »- Histoire de plantes (gui, luzerne, betterave..), de races animales, de produits (foie gras, gariguette...) pour découvrir leur origine humaine et technique et donc mieux saisir ces objets. Editées par le Magazine Web de la Mission Agrobiosciences.

Accéder à toutes nos publications sur les Produits de terroir, appellations d’origine et indications géographiques. Pour tout savoir de l’avenir de ces produits, saisir les enjeux et les marges de manoeuvre possibles dans le cadre de la globalisation des marchés et des négociations au plan international. Mais aussi des repères sur les différents labels et appellations existants. Edités par le Magazine Web de la Mission Agrobiosciences.

Accéder à toutes les Publications : L’agriculture et les bioénergies. Depuis 2005, nos articles, synthèses de débats, revues de presse, sélections d’ouvrages et de dossiers concernant les biocarburants, les agromatériaux, la chimie verte ou encore l’épuisement des ressources fossiles... Edités par le Magazine Web de la Mission Agrobiosciences.

Accéder à toutes les publications. Sur l’eau et ses enjeux. De la simple goutte perlant au robinet aux projets de grands barrages, d’irrigations en terres sèches... les turbulences scientifiques, techniques, médiatiques et politiques du précieux liquide. Edités par le Magazine Web de la Mission Agrobiosciences.

Accéder aux Carnets de Voyages de Jean-Claude Flamant. De Budapest à Alger, en passant par la Turquie ou Saratov en Russie, le regard singulier d’un chercheur buissonnier en quête de sens. Edités par le Magazine Web de la Mission Agrobiosciences

ACCEDER A LA TOTALITE DE LA REVUE DE PRESSE DE LA MISSION AGROBIOSCIENCES

RECEVOIR GRATUITEMENT LA LETTRE ELECTRONIQUE DE LA MISSION AGROBIOSCIENCES

 

[2Accéder à l’article en ligne, pour voir les notes de bas de page, les sources et les images

[3Accéder à l’article en ligne sur le site du BE pour voir les figures, notes de bas de page et sources

 

Dans cette rubrique

Danemark, Roumanie, Allemagne : ces supermarchés qui défient les lois
Cuisine et détention. "Cosa mangiare ?" (Qu’est-ce qu’on mange ?)
Consommation de viande en Inde : les « vacheries » des nationalistes (article revue de presse)
Salades, pesticides & Bisphénol A. Les éléments perturbateurs (article revue de presse)
Ingénieur de spécialisation "Innovations dans les Systèmes Alimentaires et Agroalimentaires du Monde" ou Mastère spécialisé "Innovations et Politiques pour une alimentation durable"
Les mercredis du Pavillon de la France - Exposition universelle de Milan
L’alimentation dans les maisons de retraite : Buffet froid…
Contaminants chimiques dans les aliments : quels effets à long terme ?
Glaner, est-ce voler ?
Diversité des systèmes alimentaires et changements globaux (annonce)
Levée des restrictions alimentaires en provenance du Japon : silence radio ?
Comment mangent les familles contemporaines ?
Capitalisme et surconsommation : l’organisation d’une faim déstructurée
Pourquoi cette peur au ventre ? Nouvelles obsessions alimentaires (Sélection d’ouvrage)
Etiquetage de la viande. L’origine pour seul cheval de bataille ? (article revue de presse)

   
   
© 2004-2007 Nuances-du-sud.fr