prsentation contacts partenaires abonnez-vous à la lettre électronique Retour  l'Accueil
Loading
Les Controverses européennes de Marciac
Café-débat à Marciac
Le Café de l’Agriculture
Nos publications
Chroniques "Le pas de côté"
En collaboration
Nos sélections
Produits de terroir, appellations d’origine et indications géographiques.
Perturbateurs endocriniens : le bruit du silence  
Modèle productiviste : ces agriculteurs qui sortent du rang 
To be or not to be… an OGM ? 
La nature, la technique et l’homme : la guerre des Trois aura-t-elle lieu ?
Les vendredi 28 et samedi 29 juillet 2017, à Marciac (Gers)
Les 23èmes Controverses européennes de Marciac
en savoir+
    Abonnez-vous à notre flux RSS  
Morceaux choisis des actes de la 10ème Université d’été de l’Innovation rurale. Marciac. 4 et 5 août 2004
« Au XXIe siècle, l’agriculture réapparaît comme la clé des équilibres du monde »
Par Marcel Mazoyer, économiste, professeur titulaire de la chaire d’agriculture comparée et développement agricole de l’Institut National Agronomique Paris-Grignon.
GIF - 15.2 ko
M. Mazoyer. copyright P. Assalit

Dans le cadre de la 10ème Université d’Eté de l’Innovation Rurale de Marciac intitulée « Dans le champ des agricultures du monde, quel destin pour les agricultures d’ici ? », co-organisée par la Mission Agrobiosciences et la Communauté de Commune Bastides et Vallons du Gers,la conférence de Marcel Mazoyer, économiste, ingénieur agronome et des Eaux et Forêts, professeur titulaire de la chaire d’agriculture comparée et développement agricole de l’Institut National Agronomique Paris-Grignon.
Trois milliards de paysans, deux milliards d’humains souffrant de carences alimentaires dans le monde, et moi, et moi, et moi... Non, nous ne pouvons plus nous aveugler en nous reposant sur les vertus de la pensée libérale, ou nous réfugiant dans le salut d’une aide alimentaire somme toute rachitique, toutes deux incapables de boucher le manque-à-manger d’une partie croissante de la population, en majeure partie des agriculteurs. Contre la machine à fabriquer l’exode rural-, à affamer les paysans et à renforcer les grands déséquilibres du monde, l’économiste Marcel Mazoyer appelle à une mobilisation générale sous la bannière d’une véritable solidarité.
Marcel Mazyer est l’auteur notamment, avec Laurence Roudart, d’une « Histoire des agricultures du monde, du néolithique à la crise contemporaine », parue au Seuil en 1997.

 

Au XXIème siècle, l’agriculture réapparaît comme la clé des équilibres du monde
La conférence de Marcel Mazoyer

« Dans les discours que nous entendons sur la faim dans le monde, il existe souvent bien des contresens.

D’abord, il ne faut pas confondre malnutrition avec famine. Ensuite, il ne faut pas mélanger les causes et les effets. Qui a faim ? Les gens qui ont moins de 2 $ par jour et qui connaissent des malnutritions par micronutriments ? Ceux qui ont moins de 1 $ pour vivre ? Ceux qui ont encore moins et se sous-alimentent ? Michel Griffon l’a dit : près de 75 % d’entre eux sont des paysans. Les 25 % restants sont dans les camps de réfugiés ou dans les bidonvilles. Pour la plupart, ce sont des anciens paysans, condamnés à l’exode par la pauvreté et par la faim. Et comme il y a 50 millions de personnes "exodées" des campagnes chaque année, et que ces chiffres ne diminuent guère ces dernières années, ainsi que l’indique la FAO, cela signifie que nous "fabriquons", tous les ans, 40 ou 50 millions de nouveaux pauvres dans les campagnes. La faim n’est pas un héritage du passé, elle n’est pas le produit de l’insuffisance des aides alimentaires. Elle est le résultat d’une machine à fabriquer de la pauvreté principalement chez les paysans. Il faut le savoir.
Quand on connaît l’économie mondiale, est-ce si étonnant, au fond, que ce soit les paysans qui sont les plus pauvres et qui ont faim ? Pas du tout ! Dans la plupart des pays, le revenu moyen des agriculteurs n’atteint que le tiers ou la moitié du revenu moyen des urbains. Il est inférieur au salaire des travailleurs dits non qualifiés. Pour en discerner les raisons, il convient d’analyser, de manière très structurelle, les agricultures du monde classées par grandes catégories. Les paysans composent presque la moitié de la population mondiale. Ils sont trois milliards de personnes à en vivre - femmes, enfants et vieillards compris - et 1300 millions à y travailler. Pour ces 1 300 millions d’actifs agricoles, il y a 28 millions seulement de tracteurs, soit 2,1 % des effectifs... De même, nous dénombrons 250 millions d’animaux de travail, soit 20 % du nombre des actifs agricoles. Ce qui signifie qu’un milliard de paysans travaille uniquement avec des houes, des bêches ou des machettes. À la main au sens strict. Pire, la moitié d’entre eux n’a même pas pu acheter les semences sélectionnées à hauts rendements, issue de la Révolution Verte, ni les engrais et les pesticides. Vous les avez là, vos 800 millions d’humains qui souffrent de la faim, ce n’est pas la peine de chercher plus loin. La plupart travaille au maximum sur un hectare, avec un rendement de dix quintaux d’équivalents céréales. Et ils n’ont qu’une vache qui donne moins de 1000 litres une fois qu’elle a nourri son veau. Dix quintaux par travailleur et par an avec lesquels il faut nourrir la famille. D’autres ont un quart, un dixième d’hectare, voire rien du tout, comme les paysans Sans-Terre brésiliens.

Le prix international ne reflète pas le marché mondial.

Quel est le prix de revient de dix quintaux de céréales d’un paysan qui travaille à la main, sans produits chimiques ? Admettons qu’il gagne un dollar par jour, ce qui fait 365 dollars par an. 365 divisés par 10 quintaux, cela fait 36,50 $ le quintal. Là où le prix international est 7 à 8 dollars le quintal ! Les Brésiliens, les Ukrainiens, les Argentins peuvent produire et exporter leur production à ce prix-là. Les Américains pourraient produire et exporter à 12 $ le quintal. Les Européens à 15 ou 16 $. Donc l’échelle du prix de revient des matières agricoles va de 7 $ le quintal à 36 $. Quant au marché international des céréales, il ne représente que 15% du marché mondial. Il faut donc cesser de croire ou de faire croire que le marché international, c’est toute la production et toute la consommation mondiale. Ce n’est que la partie de la production mondiale qui est commercialisée et qui passe les frontières.
7 dollars d’un côté, 36 dollars à l’autre bout : cela fait 10 à 12 dollars de moyenne. Le prix international n’est donc pas un prix de marché global, mais le prix du marché d’une petite fraction des pays : ceux qui ont vécu la Révolution Agricole, qui ont les meilleurs équipements, les meilleures surfaces, les meilleurs rendements et les plus bas salaires du monde. Autant d’avantages comparatifs qui ne reposent pas forcément sur des atouts naturels, telle qu’une fertilité exceptionnelle des sols, même pour l’Amazonie ou l’Argentine, d’autant que cette fertilité ne durera pas très longtemps. Les avantages comparatifs fondamentaux, à niveau d’équipement et de productivité égal, ce sont les bas salaires, auxquels s’ajoute la sous-évaluation compétitive des monnaies qui permet d’exporter à des prix encore moindres grâce aux taux de change. Dans ce cadre, penser qu’on va réguler la production en Afrique - 10 quintaux par travailleur et par an - et la production en Europe - 10000 quintaux par travailleur et par an mais des salaires de 100.00000 à 200000 francs par an charges comprises - cela n’a pas de sens ! Imposer dans tous les pays les prix internationaux est une absurdité du point de vue des théories libérales. Celles-ci défendent l’idée que chaque région du monde doit connaître des prix de vente proportionnés au prix de revient. Impossible quand le marché international est gouverné par moins de 15 % des compétiteurs, dont les Européens qui, pour compenser leur prix de revient plus élevé, alignent les productions sur le prix international et donnent en contrepartie des aides compensatoires qui permettent de vendre en dessous du prix de revient. Toute aide est un dumping, qu’on le veuille ou non, dès lors qu’on se positionne comme exportateur. Ce qui n’est pas le cas dès lors qu’il n’est question que d’autosuffisance alimentaire : tout le monde a le droit d’assurer sa propre sécurité alimentaire par ses propres moyens, en totalité ou en partie.
Les Suisses ont ainsi choisi d’approvisionner 2/3 de leurs besoins alimentaires par la production nationale, protégée par des barrières douanières et tarifaires. Même stratégie au Japon ou en Norvège, à un degré moindre. La France a pratiqué cette politique pendant cent ans et l’Union Européenne a fait de même jusqu’à la fin des années 80. Il faut donc bien comprendre qu’il n’y aura jamais de sécurité alimentaire en Afrique s’ils doivent s’aligner, en matière de céréales, de viandes ou de lait, sur le prix international... Soit environ 10 € pour les céréales, 0,10€pour le lait, 1 $ par kilo de carcasse pour les viandes rouges, et 0,50 $ par kilo de carcasse pour les viandes blanches... Même les Américains ne peuvent pas produire à ces prix-là ! Pourtant, les gains de productivité réalisés en Europe, aux Etats-Unis et, ultérieurement dans les pays de la Révolution Verte, sont absolument énormes. L’écart de productivité entre la culture manuelle et la culture à traction animale la mieux équipée, était au début du siècle de 1 à 5. Du temps de Ricardo et des théories des avantages comparatifs, les écarts de productivité allaient de 1 à 3. Sauf qu’aujourd’hui, l’écart de productivité entre la culture manuelle et la culture la plus productive du monde, est de l’ordre de 1 à 1000. Soit 10 quintaux face à 10000 quintaux, voire 20000 ou 30000 quintaux, pour un seul homme.

Le marché ne répond pas aux besoins mais aux demandes solvables

Autre point à souligner : depuis les empereurs de Chine jusqu’à E. Pisani en passant par le règne de Victoria, l’histoire a toujours montré que le marché n’a jamais pu assurer la sécurité alimentaire d’un peuple, où qu’il soit dans le monde. Le marché est une machine formidable, mais il n’équilibre nullement la production en fonction des besoins : il équilibre la production en fonction de la demande solvable... Si vous vendez des Mercedes ou des chapeaux à plumes, sont-ce de vrais besoins ? Non, puisqu’on s’en passait pour vivre. Cela dit, il ne me choque pas que la production de Mercedes soit en équilibre avec le pouvoir d’achat de certains. Cela m’est égal. En revanche, cela ne m’est pas égal pour la production agricole et alimentaire. Tous les habitants de la planète ont-ils une demande solvable leur permettant d’accéder à la nourriture ? À 2 $ par jour, non. Trois milliards de personnes ne peuvent donc pas acheter à la hauteur des besoins alimentaires minimums. À 1 $ par jour, encore moins. Ce qui est le cas d’un milliard de personnes, qui subissent la sous-alimentation et la faim. Vous voyez donc bien que le marché est impuissant à régler ce problème, sauf si vous doublez ou triplez le revenu disponible de 3 milliards de gens qui ont moins de 2 $, Il faut choisir.
Et il est absolument faux de prôner qu’avec l’aide alimentaire et des démarches solidaires, le marché y parviendra un jour. Pour s’en convaincre, il suffit de se pencher sur les chiffres et de savoir faire une règle de trois. Pour combler le "manque-à-manger", pour qu’un milliard de gens cessent de souffrir de carences alimentaires et pour que 840 millions d’habitants cessent d’avoir faim, il faudrait augmenter de 30 % le volume de production alimentaire existant. Et savez-vous ce que représente actuellement l’aide alimentaire ? Moins de 1 % ! Et on ne peut ni rêver que cette aide soit multipliée par trente, ni imaginer que les exportateurs aient la capacité de faire face à ce besoin immédiat, faute de pouvoir d’achat. D’autant que si vous projetez cette situation à 50 ans, il faut multiplier la production par deux pour satisfaire les besoins. Certes, cette production mondiale a été multipliée par 2,6 entre 1950 et 2000. Sauf qu’il faudrait encore augmenter cette production du double... Et puis, doit-on se contenter de supprimer les carences et la faim ? 1,5 milliard de personnes mangent à peu près la moitié de ce que l’on produit. Et 4,5 milliards mangent l’autre moitié. Pour transférer 30% des productions alimentaires des uns vers les autres, il faudrait que les habitants de pays développés mangent en moyenne deux fois moins, alors que dans leur grande majorité, ils ne sont pas suralimentés. En fait, le véritable objectif devrait consister à nourrir de la même manière les 4,5 milliards d’autres personnes. Pour cela, il ne suffit pas de doubler la production : il faut la quadrupler...

Personne n’a rien à gagner

Tant que le marché international gouvernera les prix dans les pays, prix qui sont la première pierre d’une politique agricole et alimentaire, il n’y aura pas de sécurité alimentaire possible à l’échelle mondiale, ni de développement possible. N’oublions pas qu’en 1950, le prix du quintal de blé faisait quatre ou cinq fois celui d’aujourd’hui : nous nous sommes développés avec des prix agricoles qui étaient élevés. Et on voudrait actuellement que des gens qui travaillent à la main se développent avec les prix bas qu’on leur impose ?
Il y a une montagne de méconnaissances de la réalité, une montagne de non-compréhension des pratiques paysannes du monde, y compris de la part d’économistes qui conseillent nos gouvernants. Où cela nous mène-t-il ? Comment peut-on doubler ou tripler la production mondiale ? Pas par le marché. Pas par l’aide alimentaire non plus, d’autant qu’elle abaisse encore les revenus des pauvres. Quand vous faites baisser les prix agricoles en Asie, en Afrique et en Amérique Latine, vous faites baisser le revenu des paysans pauvres. Et en baissant le revenu du quintal qu’ils vendent, vous les obligez à vendre non pas 10 % de leur production mais 20 % à 50%, ce qui réduit leur part d’autoconsommation. Or s’il ont vendu un quintal 50 francs, il leur en coûtera 150 francs pour le racheter. Taux d’intérêt : 200 %. C’est la machine à faire mourir les gens. À déstabiliser une bonne moitié des paysans dans les quelques décennies qui viennent. Donc à déstabiliser socialement le monde. Et c’est aussi une machine à fabriquer des conflits récurrents, partout. La sécurité alimentaire mondiale passe par la possibilité, pour les pays, de produire tout ce qu’ils peuvent avec leurs ressources. Il est faux de dire qu’il y a trop d’habitants sur la planète. Il est faux aussi de dire qu’il n’y a pas assez de terres. Les terres exploitables durablement sont largement suffisantes pour doubler la production. Et tous ces paysans qui n’ont jamais eu l’ombre d’un moyen de production efficace représentent une capacité de production énorme.
La solidarité Nord/Sud, qu’est-ce que cela signifie ? Qu’il faut se battre pour qu’on arrête d’imposer aux pays agricoles pauvres, à dépendance alimentaire croissante, des prix qui sont insupportables pour les paysans. Qu’il faut qu’ils puissent pratiquer chez eux des politiques de solidarité alimentaire, alors que leurs gouvernants, sous les influences diverses de la Banque Mondiale ou des "économistes de service" les poussent au libre-échange. Cela marginalise les pays les plus pauvres. Et cela favorise l’émergence de plate-formes d’investissement dans d’autres pays, comme la Chine, où le capital financier se délocalise en masse, sur la base de la misère et des bas salaires.
Enfin, il y a la solidarité producteur/consommateur, localement. Car si les consommateurs croient qu’ils gagnent à la baisse des prix agricoles, ils se trompent ! Prenez les courbes de l’INSEE : en 40 ans, l’indice 100 pour les produits alimentaires est passé à 50. Mais l’indice 100 pour les matières premières agricoles est passé, lui, à 30. Ce qui signifie clairement que la baisse des prix des matières premières ne profite pas au consommateur. Elle se transforme en valeur ajoutée structurelle entre la production et la transformation. Alors vous me direz : « Tant mieux pour eux ». Sauf si cela fait mourir des paysans, si cela contredit la sécurité alimentaire globale, si c’est la machine à fabriquer un chômage mondial qui est déjà de l’ordre de 30 %, et si cela génère un monde ingouvernable ! S’il y a solidarité entre le producteur et le consommateur, il faut que ce dernier comprenne qu’il n’a rien à gagner à ce jeu de massacre. Que le travailleur n’a rien à gagner à l’élargissement du chômage, ni ici, ni ailleurs.

Doubler les prix d’achat.

Au XXIe siècle, après cent ans d’aveuglement relatif, l’agriculture réapparaît comme la clé des équilibres écologiques, des équilibres de l’emploi, des équilibres de l’alimentation. Il faut tirer les leçons des deux grandes erreurs : celle de croire à la solution du libre échange. Celle d’ouvrir les marchés à des capitaux financiers qui se délocalisent dans les pays où les paysans ont été privés de la terre. Ces capitaux qui, dans les anciens pays coloniaux de l’Amérique Latine ou en Afrique du Sud, "irriguent" des domaines de 10000 à 50000 hectares, sur la base de l’expropriation paysanne et de la misère des ouvriers. Ce que le Brésil exporte en volumes représente exactement ce qu’il manque pour nourrir ses pauvres... Même chose en Ukraine. Il n’y a aucune raison de céder à ces phénomènes. Si nous sommes vraiment solidaires, les syndicats de paysans ici doivent être solidaires des paysans sans-terre. Il faut prôner la réforme agraire là où elle est nécessaire. L’agriculture américaine et l’agriculture européenne sont dangereuses pour les pays du Sud, s’ils ne s’en protègent pas. Mais l’agriculture délocalisée à bas salaires est encore plus dangereuse ! Sans oublier que la sous-alimentation là-bas fabrique les excédents ici. Il faut les aider institutionnellement. Qu’est-ce que l’Europe pourrait faire ? L’Union Européenne pourrait aider l’Afrique de l’Ouest à mener une politique agricole de protection des productions vivrières. Et comme elle ne pourra pas quadrupler assez rapidement sa production pour faire face à ses besoins, je propose donc que nous leur fassions cadeau de nos excédents. Á condition évidemment qu’ils ne les revendent pas chez eux à bas prix, ce qui tuerait l’agriculture africaine. À condition aussi que le budget de ces pays s’enrichisse de la différence constituée par les tarifs douaniers.
Deuxièmement, il est clair que si l’on augmente le prix du mil et du sorgho, il va être difficile de continuer à produire de l’arachide, du coton, du café et du cacao. Le paysan africain, aujourd’hui, qui produit du mil, gagne moins de 1/2 $ par jour. S’il fait du café et du cacao, il gagne presque le double, ce qui reste de toute façon insuffisant. L’Europe devrait donc payer les produits d’exportation africains au moins le double du prix actuel. Ce n’est jamais que le prix de 1985 ! Ne disons pas que c’est impossible, comme me l’a affirmé le Directeur de l’Agriculture de l’OCDE. Comment ça, on ne peut pas ? Mais il le faut ! Les prix agricoles sont tombés au plus bas à cause de la Révolution Agricole, de la Révolution Verte et du commerce libéral à la fin du XIXe. Ils reviendront au plus haut à la fin du xxie siècle qu’on le veuille ou non, par la force ou par la négociation. Ils tripleront ou quadrupleront tout simplement parce qu’il va y avoir rupture de stock. Et ce sera dans les villes qu’on va mourir de faim. Il n’y a pas d’autres solutions que de payer les producteurs, partout, à un niveau qui correspond à leur prix de revient ».

Lire la totalité des Actes de la 10ème Université d’Eté de l’Innovation Rurale de Marciac intitulée « Dans le champ des agricultures du monde, quel destin pour les agricultures d’ici ? »

Retrouver d’autres morceaux choisis de cette 10ème Université d’Eté de l’Innovation Rurale de Marciac intitulée "Dans le champ des agricultures du monde, quel destin pour les agricultures d’ici ?" :

- "L’agriculture française, vue depuis les Pays du Sud !", Table ronde animée par Gilles de Mirbeck, sociologue, avec Omar Bessaoud, enseignant-chercheur à l’institut agronomique méditerranéen de Montpellier et avec Alexis Krycève, directeur marketing d’Alter Eco.
- "L’agriculture française, vue depuis les Etats-Unis !", une table ronde animée par Philippe Baralon, du cabinet Phylum ; avec Jean-Christophe Debar, directeur et rédacteur en chef de la lettre Agri-USAnalyses ; Alex Miles, professeur à l’ESC Dijon et Georges Cassagne, agriculteur au Texas.
- "L’agriculture française vue depuis les Pays de l’Est !", une table ronde avec Piotr Dabrowski ingénieur agronome, ancien porte parole de Solidarnosc des agriculteurs et ancien Secrétaire d’État à l’agriculture de Lech Walesa et Alain Pouliquen, agronome et économiste, directeur de recherche à l’Inra.
- "Agriculture d’ici ou d’ailleurs : il est logique que s’exprime un mal-être", par Emmanuelle Auriol, professeur agrégée d’économie à l’Université Toulouse 1
- "Agriculture du monde : les raisons d’un pessimisme ambiant", Par Dominique Desjeux : Professeur d’anthropologie sociale et culturelle à la Sorbonne.

Lire aussi sur le magazine Web de la Mission Agrobiosciences :

- "Pourquoi est-il vital pour les agriculteurs d’ici et d’ailleurs de comprendre les agricultures du monde ? ", par Marcel Mazoyer, agronome et économiste, dans le cadre des cafés-débats de Marciac
- Evolution des échanges agricoles et alimentaires mondiaux : quels problèmes en perspective ?", Michel Griffon, ingénieur agronome et économiste, dans le cadre des cafés-débats de Marciac
- "Que mangerons-nous en 2050 ?", l’intégrale de l’émission radiophonique "Ça ne mange pas de pain !". Economiste, généticien, anthropologue, prospectiviste, essayiste et politique imaginent la nourriture et les pratiques alimentaires de demain...

On peut également lire :

Les notes et études de conjoncture sur l’instabilité des prix agricoles- sur le site du Ministère de l’agriculture

"L’agriculture à tout prix : de l’effervescence des marchés agricoles mondiaux, à l’urgence de repenser les politiques publiques"-. Edité par le groupe de réflexion européen "Groupe Saint-Germain".

Accéder à toutes les publications : Agriculture et Société Des conférences-débats, tables rondes, points de vue et analyses afin de mieux cerner les problématiques sociétales liées au devenir de l’agriculture. Edités par le Magazine Web de la Mission Agrobiosciences.

Accéder à toutes les Publications : Alimentation et Société Des conférences-débats, tables rondes, points de vue et analyses afin de mieux cerner les problématiques sociétales liées au devenir de l’alimentation. Edités par le Magazine Web de la Mission Agrobiosciences.

Accéder à toutes les publications « l’Alimentation en question dans "Ça ne mange pas de pain !" (anciennement "Le Plateau du J’Go"). Les actes de l’émission de la Mission Agrobiosciences sur l’actualité de Alimentation-Société diffusée sur Radio Mon Païs (90.1), les 3ème mardi (17h30-18h30) et mercredi (13h-14h) de chaque mois. Revues de presse et des livres, interviews et tables rondes avec des économistes, des agronomes, des toxicologues, des historiens... mais aussi des producteurs et des cuisiniers. Edités par le Magazine Web de la Mission Agrobiosciences

Accéder à tous les Entretiens et Publications : "OGM et Progrès en Débat" Des points de vue transdisciplinaires... pour contribuer au débat démocratique. Edités par le Magazine Web de la Mission Agrobiosciences.

Accéder à toutes les publications : Sur le bien-être animal et les relations entre l’homme et l’animal Pour mieux comprendre le sens du terme bien-être animal et décrypter les nouveaux enjeux des relations entre l’homme et l’animal. Avec les points de vue de Robert Dantzer, Jocelyne Porcher, François Lachapelle... Edités par le Magazine Web de la Mission Agrobiosciences

Accéder à toutes les Publications : "Sciences-Société-Décision Publique"de la Conversation de Midi-Pyrénées. Une expérience pilote d’échanges transdisciplinaires pour éclairer et mieux raisonner, par l’échange, les situations de blocages « Science et Société » et contribuer à l’éclairage de la décision publique. Edités par le Magazine Web de la Mission Agrobiosciences.

Accéder à toutes les Publications : Science et Lycéens. Les cahiers de l’Université des Lycéens, moment de rencontres entre des chercheurs de haut niveau, des lycéens et leurs enseignants. Des publications pédagogiques, agrémentées d’images et de références pour aller plus loin, qui retracent la conférence du chercheur et les questions des lycéens. Edités par le Magazine Web de la Mission Agrobiosciences

Accéder à toutes les Publications : L’agriculture et les bioénergies. Depuis 2005, nos articles, synthèses de débats, revues de presse, sélections d’ouvrages et de dossiers concernant les biocarburants, les agromatériaux, la chimie verte ou encore l’épuisement des ressources fossiles... Edités par le Magazine Web de la Mission Agrobiosciences

Accéder à toutes publications Histoires de... »- Histoire de plantes (gui, luzerne, betterave..), de races animales, de produits (foie gras, gariguette...) pour découvrir leur origine humaine et technique et donc mieux saisir ces objets. Editées par le Magazine Web de la Mission Agrobiosciences.

Accéder à toutes les publications. Sur l’eau et ses enjeux. De la simple goutte perlant au robinet aux projets de grands barrages, d’irrigations en terres sèches... les turbulences scientifiques, techniques, médiatiques et politiques du précieux liquide. Edités par le Magazine Web de la Mission Agrobiosciences.

Accéder à toutes les publications Produits de terroir, appellations d’origine et indications géographiques. Pour tout savoir de l’avenir de ces produits, saisir les enjeux et les marges de manoeuvre possibles dans le cadre de la globalisation des marchés et des négociations au plan international. Mais aussi des repères sur les différents labels et appellations existants. Edités par le Magazine Web de la Mission Agrobiosciences.

Accéder aux Carnets de Voyages de Jean-Claude Flamant. De Budapest à Alger, en passant par la Turquie ou Saratov en Russie, le regard singulier d’un chercheur buissonnier en quête de sens. Edités par le Magazine Web de la Mission Agrobiosciences

ACCEDER A LA TOTALITE DE LA REVUE DE PRESSE DE LA MISSION AGROBIOSCIENCES-

 

 

Dans cette rubrique

Retrouvez les actes des 22èmes Controverses Européennes de Marciac !
Agriculture : comment ré-enchanter l’avenir ? (publication)
L’agriculture française pour nourrir le Monde : rompre avec une fable ?
Ruptures et cultures
Faut-il rompre avec l’élevage industriel ?
Rompre avec le catastrophisme
« Avec quoi nous faut-il rompre pour réinventer l’avenir, en matière de coopération Nord-Sud ?
« Avec quoi nous faut-il rompre pour réinventer l’avenir, en matière de politique européenne ? »
Où sont nos grands récits mobilisateurs ?
Pourquoi notre modèle d’agriculture est-il devenu mortel ?
Economie et agriculture : rompre avec le XXème siècle…
Nous voulons faire société dans la différence
Productions, Marchés, Consommations, Sociétés… POURQUOI PRÔNER LA COEXISTENCE ? EST-ELLE VRAIMENT POSSIBLE ?
Aux modèles et aux chiffres, je préfère les expériences des milieux.
Les fermes-usines étranglent-elles l’élevage ? (article original)

   
   
© 2004-2007 Nuances-du-sud.fr